Friday, 28. august 2009 5 28 /08 /Aug. /2009 16:18

 

 

    Depuis quelques années déjà, un oiseau plane dans les airs du Cameroun. Un oiseau majestueux, rapace tout puissant qui par temps attrape d’autres oiseaux plus petits, inspirant crainte et propageant l‘effroi dans les rangs de la faune ailée.



    Il est engagé dans une action dénommée « Opération Epervier » et est censé enquêter sur l’enrichissement illicite de personnes ayant accédé à de hautes fonctions dans l’administration et au cas nécessaire de les faire arrêter et juger.

    Ainsi suit-on par voie de médias interposés depuis sans relâche une saga après l’autre, avec des noms qui changent et reviennent faire les titres de journaux.

Au début, cette action fut saluée et encouragée par une grande frange de la population, mais aujourd’hui au regard des démarches, résultats et des retombées, on se demande de bon ton si le jeu en vaut la chandelle. Plusieurs ex-« hauts dignitaires du pouvoir », tous membres éminents du parti qui tient les destinées du pays depuis plus de deux décennies, ont été depuis lors écroués et pour certains jugés.

Mais de provoquer l’enthousiasme au sein d’une population qui souffre aujourd’hui de tous les maux, c’est un désintéressement voire un dédain cinglant qui accompagne ces actions ?

 

    Pourquoi ?

 

  1. L’Opération Epervier a échoué dans sa volonté de refonder un cadre de bonne gouvernance dans le pays champion du monde de la corruption, en ce sens qu’elle choisit au sein de l’élite dirigeante, non pas sur des critères d’impartialité et de justice, mais bien plus sur d’autres à la visée aussi obscure qu’indéchiffrable ; comme le dit le commun des mortels, l’Epervier camerounais a une tête chercheuse.  

 

  1.   Il n’a jamais été jusqu’à présent déverser un franc dans les caisses de l’Etat suite à ces arrestations de personnalités et leurs accusations pour diverses raisons : détournement de fonds publics, abus de pouvoir, corruption aggravée etc… A quoi sert-il donc de se saisir tout le temps de voleurs, si l’objet volé ne fait jamais objet de rétrocession ?

 

 

  1. Cette mesure ordonnée par les plus hautes instances et censées rétablir de l’ordre dans la gestion de l’affaire publique semble avoir plutôt provoquer l’effet inverse, car il ne se passe de semaine sans qu’une sombre affaire de corruption ou de détournements de deniers publics ne viennent faire les choux gras de la presse. Tout se passe comme si, on savait la police en patrouille et s’arrangeait juste à changer de méthode de vol. Cela ne pourrait être imputée qu’à un certain laxisme de ladite police, incapable d’inspirer peur et respect.

 

  1. l’Opération Epervier n’est-elle pas en même temps, une remise en question légitime d’un pouvoir en place qui a pris le soin de nommer toutes ces personnes qu’on arrête aujourd’hui et qui de longues années durant ont servi presque sans exception sous la bannière du parti au pouvoir? Celui qui très souvent se retrouve à nommer des voleurs à des postes importants devrait se regarder dans une glace et accepter au meilleur cas son incompétence et au pire, sa déviance toute aussi pillarde.     

 


    A côté de tous ces paramètres expliquant l’échec de cette action, il est à noter les graves insuffisances constatées dans le code pénal camerounais, qui ne peuvent permettre le traitement minutieux de ces différents cas de déviances dans la gestion de la chose publique. N’est-ce pas criard que de savoir qu’il n’existe au Cameroun ni de condamnation possible pour enrichissement illicite, ni d’organisme chargé de surveillance de la fructification de biens acquis pendant la période de certains citoyens aux hautes fonctions.

    On se retrouve donc devant une cacophonie d’accusations de la part de l’autorité étatique et des déclamations bruyantes d’innocence et souvent justifiées de la part des présumés coupables. Lentement, une logique d’auto-désintégration du régime en place se fait sentir, sans que cela n’émeuve réellement quelque citoyen ; la majorité semblant aujourd’hui convaincue du fait que seule dans elle, réside le salut du Cameroun.  

    En attendant confirmation, scrutons les titres des journaux de ces jours et secouons la tête de dépit face d’une tumeur cancérigène qui continue de se propager dans le corps du Cameroun.

 

 

Kamlem h.

von Kamlem Hulliams - veröffentlicht in: Français
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